Reconnaissance du burn-out


Le burn-out est désormais une maladie professionnelle reconnue.

En 2010, une première enquête a été commanditée par le SPF Emploi afin de définir le burn-out et de quantifier le nombre de personnes touchées en Belgique. En 2010, environ 19.000 travailleurs sont touchées par le burn-out et ont fait l’objet d’un diagnostic (par leur médecin traitant ou du travail).

Il faut souligner également que ces personnes ont déjà un ressenti assez important pour consulter les médecins. Ceci ne représente donc que la pointe de l’iceberg car une partie des travailleurs montre certains signes précoces de burnout sans pour autant consulter un professionnel de la santé. Ils luttent pour pouvoir rester actif dans le monde du travail.

Une autre étude menée par le SPF Emploi vient de livrer des résultats. Il s’agit d’un outil de diagnostic précoce et de pistes d’actions pour réagir face à cette problématique. Une des pistes? Apprendre la relaxation.

Je dirais surtout éveiller sa conscience de ses limites et de ses capacités à prendre soin de soi… et aussi, repenser le travail et le mode d’organisation…

La revue KAIZEN, que je vous recommande chaudement, a également consacré un article dans son dernier numéro (N°15). L’article est intitulé “Quand le feu redonne sens à la vie”. L’article met en lumière l’épuisement et la souffrance endurée par le travailleur, et également la capacité de renaissance et de redéfinition du sens de sa vie. Si le burn-out est une maladie individuelle, elle est aussi un symptôme d’une maladie de l’Organisation (avec un grand O pour indiquer le système). L’évolution du monde du travail de la gestion de la production vers la gestion des capitaux a placé l’humain dans une nouvelle position.

L’humain est devenu une simple variable d’ajustement financière soumise au management par objectifs, à l’évolution au mérite, à l’organisation par projet et à l’évaluation continue. KAIZEN, N°15, p.51

Cette évolution a été vécue de façon plus douloureuse pour certains travailleurs puisqu’il est amené sans cesse à repousser ses limites pour atteindre des objectifs de plus en plus ambitieux. Ceux qui ‘craquent’ sont souvent les plus zélés, les plus perfectionnistes, les plus investis dans leur travail, les plus sensibles à l’injustice, etc… parce que leurs qualités sont retournées contre eux par l’organisation, pour en obtenir toujours plus.

Trop dévouées et ayant du mal à s’imposer des limites, elles tombent sous le poids d’un système qui transforme leur idéalisme en combustible et traite comme des faiblesses des qualités professionnelles et humaines – abnégation, disponibilité, souci de justice, d’équité, ou d’équilibre – qu’il devrait au contraire valoriser comme des forces morales dignes de respect. KAIZEN, N°15, p.52

Le burn-out est à la fois un signal pour la personne, qui peut lui apporter une prise de conscience du dépassement de ses limites, un déséquilibre des forces en présence (travail versus valorisation), et pour l’organisation, qui peut alors réfléchir à son mode de fonctionnement… et enclencher des changements pas à pas pour redonner sens à la vie et au travail. Par exemple en proposant des activités de détente et de relaxation aux travailleurs (un atelier de DO-IN par exemple), et en mettant en place de nouvelles façons de travailler, plus collectives et porteuses de sens.